Communiqué de presse

Le Musée d’Unterlinden à Colmar organise une grande rétrospective consacrée à l’artiste
Bissière
« Pense à la peinture »
Le musée d’Unterlinden de Colmar présente du 2 octobre 2004 au 28 février 2005 une rétrospective de l’œuvre du peintre Roger Bissière (1886-1964).
Le musée possède déjà dans ses collections deux pièces capitales de l'artiste, la tenture Chartres (1945/46) et la peinture Hommage à Théocrite (1946/47) qui marquent le retour à la création du peintre après une longue interruption de son travail artistique au cours de la Seconde Guerre mondiale.
La rétrospective est organisée avec le concours de la famille de Roger Bissière et de la galerie Jeanne-Bucher, Paris, qui défend son œuvre depuis 1951.
Elle réunira environ 120 œuvres - tableaux, sculptures et dessins - qui permettent de découvrir toutes les étapes de la recherche artistique du peintre.
Le choix original des différentes sections
La première section de l'exposition est consacrée aux compositions des années 1920. Bissière est alors un jeune critique dans le journal L'Opinion, puis publie dans L'Esprit Nouveau, revue d'Ozenfant et du Corbusier, avant d'abandonner une plume qui l'éloigne de la peinture. Peu montrées, ces peintures qui représentent des thèmes aussi variés que le nu (Nu, 1921, musée de Grenoble), le paysage et la nature morte (Nature morte au violoncelle, 1921, MNAM, Paris, en dépôt au musée des Beaux-Arts d'Agen), révèlent une proximité de l'œuvre de jeunesse avec les tendances réalistes du retour à l'ordre.
L'interprétation très libre du cubisme que Bissière entreprend au début des années 1930 fait l'objet de la section suivante qui met en rapport tableaux (Femme assise, 1935, coll. privée, Paris) et sculptures (Guitare, vers 1932, coll. privée, Paris) de cette période. A la fin de la décennie, le peintre se consacre sous l'impact du Retable d'Issenheim de Mathias Grünewald au thème de la crucifixion. Parallèlement, il développe une impressionnante série de nus féminins. L'accrochage à Colmar tient compte de ces choix thématiques surprenant par leur contraste en mettant en regard les deux ensembles.
à la déclaration de la guerre, Bissière se réfugie dans sa maison du Lot et, terriblement affecté par ce drame humain, cesse de peindre jusqu'en 1945, où, en quelques mois, il compose des tapisseries à l'aide de morceaux de tissus et de vêtements usagés. Après un assemblage rapide, chaque élément est cousu et brodé par sa femme qu'il surnomme Mousse. Cet ensemble, d'une grande complexité iconographique, joue avec le souvenir de l'art roman et gothique. Les différentes œuvres célèbrent la communion de l'homme avec la nature (Le Soleil, 1945/1946, MNAM, Paris ; Pastorale fantastique, 1945/46, FNAC, Puteaux, en dépôt au musée d'art moderne de Saint-étienne), mais se font aussi l'écho des évènements contemporains (Hiroshima (L'Ange de L'Apocalypse), 1945/46, coll. privée, Paris).
Par ailleurs, les peintures de Bissière de la période d’après guerre témoignent également de la réception plastique du vitrail, de la statuaire et de l'art mural du Moyen Âge que l’artiste découvre en visitant le musée des monuments français à Paris. Ainsi, naît un ensemble très cohérent que René Drouin présente en 1947 dans sa galerie à Paris (L'Ange de la cathédrale, 1946/47, coll. privée, Paris).
à partir de la fin des années 1940, Bissière peint une série de tableaux avec de l'œuf pour médium, constituées de pictogrammes (Grande Composition, 1947, Collection Dominique Bissière, Paris). Ici, la recherche d'un langage de plus en plus simplifié s'accompagne d'une mise en valeur accrue de la matérialité du tableau. Cet ensemble très important sera confronté à plusieurs masques, assemblages de bois, os et fer, inspirés par la sculpture primitive.
En 1954, il redécouvre les sortilèges de la peinture à l'huile, ses peintures seront alors constituées de simples touches de couleurs réparties selon une structure de grille ouverte. Renonçant à toute référence figurative, l'artiste réussit à évoquer à travers des combinaisons subtiles de tons extrêmement riches et variés à la fois des impressions de lumière et des sensations de l'âme (Voyage au bout de la nuit, 1955, coll. privée, France).
Pour la première fois, une rétrospective de l'œuvre de Bissière accorde une place importante au journal en images de l'artiste. En effet, depuis la mort de Mousse, en octobre 1962, Bissière peint une série de tableaux de petits formats à l'huile, souvent rehaussée de crayons feutres et datée au jour le jour, qui instaure un dialogue par delà la mort avec la compagne de sa vie. Ces œuvres de petit format révèlent la capacité de l'artiste à évoquer, avec une économie de moyens de plus en plus grande, un univers imaginaire infiniment poétique.
Un catalogue qui réunira des études concernant plusieurs aspects moins étudiés à l'égard de l'œuvre de Bissière sera publié sous la direction de Sylvie Lecoq-Ramond (auteurs : Isabelle Bissière, Sylvie Lecoq-Ramond, François-René Martin, Viktoria von der Brüggen, Pierre Wat). Env. 80 ill. en couleurs, catalogue des œuvres, biographie de l'artiste, bibliographie.
Animations autour de l’exposition Bissière
Visites guidées
10 octobre, 21 novembre 2004 et 16 janvier, 27 février 2005 à 10h30. Tarif : 8€. Tarif membres et Pass musées : 4,75€
Ateliers de peinture à l’œuf et à l’huile
13 novembre 2004, 9 janvier et 5 février 2005 à 15h.
Pascal-Henri Poirot, artiste plasticien, présente aux visiteurs la technique particulière de la peinture à l’œuf utilisée par Bissière à partir des années 40.
Les œuvres de Pascal-Henri Poirot, peintures ou livres peints, sont réalisées sous forme de séries relatives à des objets, à des architectures oniriques et plus récemment à l’archéologie.
Durée : 2h
Le billet d’entrée au musée permet d’accéder gratuitement à l’exposition et à l’atelier de Pascal-Henri Poirot. Lieu : salle Fleischhauer, musée d’Unterlinden.
Les nocturnes au musée
Dans l’atmosphère particulière de la nuit, les visiteurs peuvent apprécier l’exposition Bissière, « Pense à la peinture » ainsi que les manifestations proposées.
Ouverture exceptionnelle : visite guidée et projection des films, le mardi 9 novembre à 19h30
L’Art abstrait en question de Michel Mitrani avec Max-Pol Fouchet, série Terre des arts, 1961, 45 mn
Ce film des années 1960, propose une réflexion autour de l’art abstrait : rencontre avec des artistes majeurs tels que Bazaine, Bissière, Kandinsky, Klee, Malevitch, Soulages, Vasarely…
Roger Bissière ou le regard du cœur de Paul et Anne Pavlovitch, 1990, 14 mn, Prix de la démarche artistique, Festival international du Film d’Art de l’UNESCO, 1992
Avec des photographies et des épreuves de tournage réalisées par Luc Joubert en 1960 avec la participation de Roger Bissière.
Ce court métrage est un hommage à Bissière au travers de ses œuvres et de son lieu de vie : Boissierette.
La projection est organisée par le musée d’Unterlinden et l’association Lézard en partenariat avec et Vidéo les Beaux Jours.
Durée : 1h45
Prix : 7€. Réduit : 5€*
Lecture
Samedi 23 octobre 2004 à 18h, dimanche 5 décembre à 17h et samedi 29 janvier 2005 à 17h.
Au gré d’une déambulation dans les salles de l’exposition, Jean Lorrain, comédien, propose au visiteur une lecture des textes de Bissière.
Durée : 1h
Prix : 5€. Réduit : 3€*
* membres, étudiants, carte culture, Carte Cézam
Informations pratiques
Commissariat de l’exposition
Sylvie Ramond et Viktoria von der Brüggen
Contact Presse et Communication
mhsiberlin@musee-unterlinden.com
Tel. +33 (0) 89 20 22 74
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Musée d’Unterlinden 1 rue d’Unterlinden 68000 Colmar
Tél. +33 (0)3 89 20 15 50 Fax. +33 (0)3 89 41 26 22 Tarifs « Entrée: 7€ « 6€ pour les groupes et le 3e âge « 5€ pour les 12/17 ans, les étudiants de moins de 26 ans « Gratuité pour les enfants de moins de 12 ans, les scolaires de l’Académie de Strasbourg, les étudiants détenteurs de la carte culture Visites guidées « Assurées en différentes langues à l’Office de Tourisme de Colmar Tél. +33 (0)3 89 20 68 95 |
Ouvert tous les jours de 9h à 18h. A partir de novembre ouvert tous les jours sauf le mardi de 9h à 12h et de 14h à 17h. Fermé les 1er novembre, 25 décembre, 1er janvier Accès « Aéroport de Strasbourg ou Bâle/Mulhouse « SNCF
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