FAUVISME Courant Artistique
La technique colorée des fauves remonte aux premiers essais réalisés par Matisse à Saint-Tropez, pendant l'été 1904. Il travaillait alors aux côtés du néo-impressionniste Paul Signac, qui le convertit à la division des tons et à la touche séparée. Les tableaux de Matisse montraient déjà, derrière la simple traduction de phénomènes optiques, un intérêt croissant pour la couleur poussée à son maximum d'intensité lumineuse (Luxe, calme et volupté, 1904). Au cours de l'été 1905, Matisse et Derain travaillèrent ensemble à Collioure dans « une lumière dorée qui effaçait les ombres ». Ils commencèrent à utiliser des couleurs complémentaires appliquées par touches larges et énergiques, cherchant un équivalent de la lumière et non son rendu exact. Rapidement, la touche séparée se transforme en larges aplats et en surfaces peu modulées mais riches en matière. La couleur, arbitraire, abandonne tout rapport d'imitation avec le ton local et traduit tous les aspects d'un motif, y compris les ombres, par une gamme de tons purs dont le rapprochement engendre la lumière. La couleur se fait également dessin : chez Vlaminck, par exemple, cernes et contours épais conservent à la forme son intégrité. Le tableau fauve n'en représente pas moins une étape vers l'autonomie de la création artistique, pour laquelle l'imitation est une justification de moins en moins nécessaire. Bien que sa portée et ses répercussions aient été considérables, notamment en Allemagne dans les milieux expressionnistes, le fauvisme n'a été que de courte durée : à partir de 1907 déjà, ses principaux représentants prennent en compte d'autres influences, dont celle de Cézanne, et évoluent presque tous vers un pré-cubisme fécond en nouveaux développements. C'est Matisse qui poussera le plus loin les conséquences du fauvisme dans une œuvre presque entièrement vouée à l'effusion de la couleur. Crédit
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